La raréfaction des logements énergivores : les clés de ce phénomène

15 juillet 2023 à 20:31   •  Accueil » L'actualité du diagnostic immobilier
La raréfaction des logements énergivores : les clés de ce phénomène

Le marché immobilier, tout comme d’autres secteurs, est soumis à des mouvements et des tendances qui peuvent parfois surprendre. L’un des phénomènes récents les plus intrigants est la raréfaction des logements de classe énergétique F ou G, plus communément appelés "passoires thermiques". Une question se pose alors : qu'est-ce qui explique ce changement sur ce marché ? Cette analyse approfondie tentera de mettre en lumière les facteurs clés de cette transformation.

Les nouvelles régulations affectent-elles la disponibilité des passoires thermiques ?

L'instauration de nouvelles normes réglementaires a impacté le marché de l'immobilier, et plus particulièrement la classe énergétique des logements disponibles à la vente ou à la location. En effet, la loi Climat & résilience, en durcissant les contraintes autour de la performance énergétique, a fortement influencé le marché.

Comprendre l'impact des interdictions de mise en location sur le marché immobilier

Depuis le 1er janvier 2023, un logement dont la consommation énergétique finale est supérieure à 450 kilowattheures (kWh) par m² et par an ne peut plus être loué. Cela concerne principalement les logements de type F et G, qui présentent une performance énergétique faible. Ce type de logement est progressivement interdit à la location : en 2025 pour les logements classés G, en 2028 pour les classés F, et en 2034 pour les logements notés E.

De plus, depuis l’été 2022, le loyer des passoires thermiques est gelé, ce qui a un impact sur le rendement pour les propriétaires bailleurs. Ces régulations ont probablement encouragé les propriétaires à conserver leurs biens plutôt que de les mettre en vente ou en location, ce qui peut expliquer la diminution des logements de classe F ou G sur le marché.

Les conséquences directes des nouvelles normes thermiques

Face à ces nouvelles contraintes, les propriétaires de logements énergivores ont dû s'adapter. En effet, pour ne pas subir une dévalorisation de leur bien, nombreux sont ceux qui ont entrepris des travaux de rénovation énergétique. Cette réalité a sûrement influencé la réalisation des diagnostics de performance énergétique (DPE) ainsi que la mise en vente ou en location des biens. Les travaux de rénovation permettent d'améliorer la classe énergétique du logement, le rendant ainsi plus attractif sur le marché.

Le ralentissement du marché immobilier : un facteur influant ?

Un autre facteur à prendre en compte est le ralentissement général du marché immobilier. Avec l'augmentation des taux de crédit et les difficultés croissantes pour emprunter, le marché immobilier a connu une stagnation.

Analyse du lien entre le ralentissement du marché immobilier et la diminution des logements F ou G

Ce ralentissement a pu générer une baisse des transactions, notamment sur les biens les moins performants énergétiquement. Les acheteurs cherchent à négocier les prix, alors que les vendeurs ne sont pas toujours prêts à concéder une baisse. Cet attentisme de la part des vendeurs a probablement repoussé la vente de leur bien et, par conséquent, la réalisation des DPE.

Pourtant, si le ralentissement du marché immobilier a pu avoir une influence sur le nombre de DPE réalisés, il semble peu probable qu'il soit le seul facteur expliquant la baisse des biens mal notés. En effet, si la conjoncture avait été le seul élément en jeu, on aurait assisté à une baisse uniforme sur l'ensemble des types de biens, qu'ils soient notés A ou G.

Les diagnostiqueurs immobiliers sont-ils en partie responsables de ce changement ?

Enfin, il est possible que les diagnostiqueurs immobiliers aient une part de responsabilité dans ce phénomène. En effet, le diagnostic de performance énergétique (DPE) est un élément clé de l'évaluation d'un bien immobilier et peut largement influencer sa valeur sur le marché.

La question des potentielles erreurs de diagnostic

Les diagnostics erronés ou imprécis peuvent compliquer la tâche des acheteurs et des vendeurs et fausser la représentation du marché. Des résultats de DPE divergents pour une même maison ont été signalés, avec des écarts d’au moins deux classes énergie voire trois.

Les raisons de ces erreurs sont multiples. L'une d'entre elles est l’appropriation des nouveaux logiciels de diagnostic par les diagnostiqueurs. En effet, face à la mise en place rapide des nouvelles régulations, tous les professionnels n'ont pas été en mesure d'appréhender ce nouveau dispositif et d'acquérir les bons gestes applicables à cette nouvelle méthode.

L'importance de la précision dans le diagnostic immobilier en 2023

Soucieux de cette problématique, les autorités ont annoncé un renforcement de la formation et du contrôle des professionnels réalisant les DPE. Cette décision devrait permettre d'assurer une meilleure fiabilité des diagnostics et ainsi éviter que des erreurs de notation n'engendrent une représentation erronée du marché immobilier.

En somme, la raréfaction des logements énergivores s'explique par une combinaison de facteurs, aussi bien réglementaires, conjoncturels que professionnels. Cette tendance souligne l'importance d'une prise de conscience collective concernant l'efficacité énergétique de nos logements et l'importance d'oeuvrer pour un habitat plus respectueux de l'environnement. Et vous, comment perçoivez-vous cette évolution et ses répercussions sur le marché immobilier ?