Crise immobilière 2023 : l'impact sur les acheteurs et vendeurs décrypté

12 juillet 2023 à 11:37   •  Accueil » L'actualité du diagnostic immobilier
Crise immobilière 2023 : l'impact sur les acheteurs et vendeurs décrypté

Le visage du marché immobilier est méconnaissable. En cause, une crise sans précédent qui a bouleversé la donne, impactant aussi bien les acheteurs que les vendeurs. Comment ces derniers naviguent-ils dans ce contexte déroutant ? Quels sont leurs défis, leurs attentes et les nouvelles dynamiques qui se dessinent ? Cet article vous plonge au cœur de ces enjeux.

L'impact de la crise : une fluctuation des indicateurs immobiliers

Depuis le dernier trimestre de 2022 et l'entrée dans l'année 2023, le marché immobilier vit au rythme des remous de la crise. Les taux de crédit à la hausse, l'inflation galopante et les difficultés d'emprunt ont mis à mal un secteur habitué à une cadence élevée. En effet, en 2022, le marché de l'immobilier ancien dépassait le million de transactions annuelles. Une véritable course qui, aujourd'hui, semble ralentir.

Parlons chiffres. Plusieurs indicateurs clés ont viré au rouge. L'accès à la propriété pour les primo-accédants est difficile à hauteur de 87 %. Les conditions d'accès au crédit immobilier se sont durcies pour 80 % des demandeurs. Les prix de l'immobilier sont instables pour 57 % des agents, et les perspectives économiques du secteur sont jugées négatives par 55 % d'entre eux.

De plus, la crise a aggravé les difficultés d'obtention de crédit immobilier. Un obstacle de taille qui impacte les transactions et déroute les acteurs du marché.

Compromis de vente en sursis : une tendance à la hausse

La crise a également brouillé le parcours des transactions immobilières. En effet, parmi les conséquences notables, une hausse des ruptures de compromis de vente est observée. Près de 89 % des agents immobiliers ont déclaré que leurs clients rencontrent des difficultés pour obtenir un crédit. De ce fait, presque 6 transactions sur 10 ont été interrompues, faute d'accord de la banque.

Cette situation se produit malgré les efforts des acheteurs pour augmenter leur apport en capital. Environ 63 % des professionnels ont constaté cette tendance. Dans ce contexte délicat, obtenir un financement pour son projet immobilier devient un parcours semé d'embûches.

Par ailleurs, cette difficulté à obtenir un crédit immobilier conduit à un allongement des délais de transaction. Près de 86 % des agents immobiliers ont fait état de cette situation. Les retards s'accumulent, les projets se compliquent et les acteurs du marché doivent redoubler d'ingéniosité pour maintenir le cap.

Vendeurs en résistance : une réticence à lâcher du lest sur les prix

Face à ce tableau, les vendeurs affichent une résistance remarquable. En effet, malgré les turbulences du marché, 8 agents immobiliers sur 10 ont noté que leurs clients vendeurs n'ont pas ajusté leur prix de vente. Ils maintiennent des prix supérieurs à l'estimation, quitte à freiner la concrétisation de la vente.

Cette attitude reflète une volonté des vendeurs de préserver leurs intérêts, quitte à aller à contre-courant de l'évolution du marché. Certains sont prêts à attendre l'acheteur qui acceptera leur prix, plutôt que de réduire leurs prétentions. Une situation qui augmente la tension sur le marché et qui rallonge les délais de vente.

Toutefois, cette résistance des vendeurs pourrait ne pas tenir sur le long terme. Si la crise perdure et que la pression sur les prix de l'immobilier s'intensifie, ils pourraient être contraints de revoir leurs ambitions à la baisse.

Un marché plus vert : les biens énergivores comme vecteur de négociation pour les acheteurs

L'enjeu environnemental a également pris une place prépondérante dans les transactions immobilières. Avec la hausse des tarifs de l'énergie et les nouvelles contraintes de la loi Climat & résilience, les acheteurs sont de plus en plus attentifs à la performance énergétique des biens.

En effet, plus d'un tiers des agents immobiliers (37 %) ont remarqué que les acheteurs évitent les biens les plus énergivores, classés F ou G au titre du DPE. Cet indicateur est devenu un critère majeur dans le choix d'un bien immobilier.

Depuis l'entrée en vigueur de l'interdiction de louer les logements les plus énergivores le 1er janvier 2023, près de la moitié des professionnels ont constaté que les acheteurs s'en servent comme levier de négociation. En parallèle, 39 % des agents immobiliers ont noté une augmentation des mises en vente de "passoires thermiques".

En conclusion, la crise immobilière de 2023 a profondément modifié le paysage immobilier. Les acheteurs, les vendeurs et les agents immobiliers sont confrontés à des défis inédits et doivent s'adapter à une nouvelle réalité. Dans ce contexte, la performance énergétique d'un bien devient un critère de choix majeur, et les biens énergivores sont souvent boudés. Les vendeurs, eux, résistent et restent réticents à lâcher du lest sur les prix, malgré un contexte défavorable.