Changements radicaux dans l'immobilier : une baisse de 20% des prix de l'habitation est-elle à prévoir ?

21 juin 2023 à 19:26   •  Accueil » L'actualité du diagnostic immobilier
Changements radicaux dans l'immobilier : une baisse de 20% des prix de l'habitation est-elle à prévoir ?

Le monde de l'immobilier est perpétuellement en mouvement. Ces fluctuations sont principalement dues aux variations des taux d'intérêt. Aujourd'hui, il semblerait que nous soyons à l'aube d'un changement majeur. Les prix de l'immobilier d'habitation pourraient chuter jusqu'à 20%. Une affirmation audacieuse, avancée par un centre de réflexion renommé.

Ainsi, selon ces experts, la baisse des taux d'intérêt aurait entraîné une augmentation fulgurante des prix. En effet, ils ont triplé en trois décennies. Mais, ils prévoient désormais une inversion de cette tendance. Pour la première fois depuis une génération, les taux d'intérêt augmentent "fortement, rapidement et probablement de façon durable".

Mais qu'est-ce qui lie les taux d'intérêt aux prix de l'immobilier ? La relation entre ces deux facteurs est en réalité très directe. Lorsque les taux d'intérêt sont élevés, les futurs propriétaires ont une capacité d'emprunt réduite. La demande diminue donc. L'effet inverse est également vrai : des taux d'intérêt bas stimulent la demande, faisant grimper les prix.

Autre facteur à prendre en compte : la valeur des biens immobiliers. Ceux-ci, tout comme les obligations ou tout autre actif produisant une rente, sont directement impactés par les taux d'intérêt. En effet, les investisseurs sont attirés par les produits les plus rentables. Si de nouvelles obligations sont émises avec des taux d'intérêt attrayants, les placements moins rentables sont délaissés, perdant ainsi de la valeur.

Néanmoins, ce n'est pas le seul facteur à prendre en compte. Les prix de l'immobilier dépendent de nombreux autres éléments : le marché de l'ancien ou du neuf, la qualité du bien, la taille de la ville, les politiques publiques, le prix du pétrole, le coût des travaux, le nombre de divorces... La liste est longue et n'est pas exhaustive. Il est donc difficile de prévoir avec exactitude l'évolution des prix.

Cependant, une chose est sûre : le marché est en train de se durcir. Depuis l'année dernière, les établissements bancaires sont de plus en plus exigeants vis-à-vis des candidats à l'emprunt. Cette tendance devrait logiquement entraîner une baisse des prix. On peut même déjà l'observer dans certaines villes.

Une situation qui avantage les jeunes ménages

En réalité, une baisse des prix pourrait être une bonne chose pour la réduction des inégalités patrimoniales et intergénérationnelles. En effet, l'augmentation rapide des prix de l'immobilier ces dernières décennies, bien plus rapide que celle des revenus, a pénalisé les jeunes ménages modestes.

Ainsi, les propriétaires se plaignent souvent du faible rendement des loyers, par rapport à la valeur de leurs biens. Mais, selon certains experts, le rendement n'est "trop bas" que parce que les valeurs de l'immobilier sont "trop élevées". Si les prix baissaient de 20 %, le taux de rendement des actifs immobiliers reviendrait à un niveau comparable à celui des autres actifs. Le problème serait ainsi résolu.

Notons tout de même que cette baisse des prix n'est pas sans risques. Certains redoutent un krach du secteur de la construction neuve. Par ailleurs, les propriétaires, voyant la valeur de leur bien baisser, pourraient se montrer plus réticents à la construction de nouveaux logements à proximité de chez eux et aux efforts demandés dans le cadre de la transition énergétique.

La baisse des prix de l'immobilier est donc un sujet complexe. Si elle peut sembler être une bonne nouvelle pour certains, elle présente aussi des risques. Il sera intéressant d'observer l'évolution du marché dans les mois et années à venir.