Les stations balnéaires et le défi de la rénovation énergétique : Qui fait ses devoirs ?

17 juillet 2023 à 18:01   •  Accueil » L'actualité du diagnostic immobilier
Les stations balnéaires et le défi de la rénovation énergétique : Qui fait ses devoirs ?

Les défis énergétiques des stations balnéaires : un aperçu

Parlons d'abord de l'ampleur du défi qui se présente. Les chiffres sont assez révélateurs : selon l'Agence de la transition écologique, plus d'un quart des résidences situées dans les stations balnéaires les plus populaires sont considérées comme énergivores. Ce constat se base sur l’évaluation des logements labellisés F et G, selon la base de données des Diagnostics de Performance Énergétique (DPE) fournie à l’Ademe depuis juillet 2021.

Ces statistiques posent immédiatement une question cruciale : comment peut-on améliorer l'efficacité énergétique de ces logements ? La rénovation énergétique semble être une solution évidente. Cependant, ce ne sont pas tous les logements qui peuvent être facilement rénovés. Certains présentent des défis particuliers en raison de leur architecture historique et distinctive.

Sans oublier qu'il existe, parfois, des conflits entre les réglementations environnementales et les critères architecturaux. C'est un aspect à ne pas négliger lorsqu'il s'agit d'améliorer la performance énergétique de ces résidences.

Les énergivores de la côte : Noirmoutier, Trouville et Deauville en question

Quand on parle de stations balnéaires énergivores, certaines villes se démarquent particulièrement. Noirmoutier, Trouville et Deauville en sont un bon exemple. Plus de 40 % de leurs logements sont classés énergivores (F et G), ce qui est bien supérieur à la moyenne nationale. D'autres stations balnéaires, comme Royan, Berck et Dinard, ont aussi un pourcentage significatif de logements énergivores, avec plus d'un logement sur quatre (entre 25 % et 28 %) qui tombe dans cette catégorie.

Face à cette situation, ces villes sont confrontées à un défi de taille : comment réduire leur consommation d'énergie tout en préservant leur charme et leur attractivité ? La rénovation énergétique semble être une solution prometteuse, mais de nombreux obstacles se dressent sur le chemin : réglementations strictes, coûts élevés, résistance des habitants...

Bravo à la Côte d’Azur et la Corse : des modèles en matière d'économie d'énergie

Malgré le tableau sombre que l'on vient de peindre, il y a aussi de bonnes nouvelles. Certaines stations balnéaires se démarquent par leur faible taux de passoires énergétiques. C'est notamment le cas de la Côte d’Azur et de la Corse. Les villes de ces régions ont un taux de passoires énergétiques inférieur à la moyenne nationale, qui est de 17 %.

Plus spécifiquement, les trois premières destinations côtières ayant les taux les plus bas, entre 4 et 5 %, sont Les Saintes-Maries-de-la-Mer, Mandelieu-la-Napoule et Ajaccio. Ensuite, on retrouve Fréjus, Porto-Vecchio et Antibes, avec des taux de passoires énergétiques de 6 à 7 %.

Ces exemples positifs montrent que la rénovation énergétique n'est pas une mission impossible. Au contraire, elle est tout à fait réalisable, à condition de s'y prendre de la bonne manière et de se donner les moyens nécessaires.

Les passoires thermiques : un fléau répandu dans les villes côtières

Malheureusement, les exemples positifs que nous venons de citer sont plutôt l'exception que la règle. En effet, les passoires thermiques sont un fléau très répandu dans les villes côtières. Pourquoi ? Une des raisons principales est l'urbanisation massive qui a eu lieu dans les années 1960-1970. À cette époque, la France connaît une croissance économique soutenue et tous les secteurs sont concernés. C'est dans ce contexte que de nombreux logements de vacances sont construits dans les zones côtières.

Ces constructions massives ont malheureusement laissé un héritage lourd à porter : une grande partie de ces logements sont aujourd'hui des passoires thermiques. Un défi de taille se présente donc : comment rénover ces anciens bâtiments pour améliorer leur efficacité énergétique et réduire leur empreinte carbone ?

Les locations longues durées : la rénovation énergétique devient inévitable

La pression pour rénover les logements énergivores ne cesse de s'accentuer. C'est particulièrement le cas pour les locations longues durées. En effet, pour rester louables après 2025, ces logements devront atteindre au minimum la classification F du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE). À long terme, l'objectif du gouvernement est même d'éliminer du marché de la location les logements n'obtenant pas, au moins, la note D.

Les initiatives pour mettre fin aux passoires thermiques : un tour d'horizon

Depuis août 2022, plusieurs mesures sont mises en place pour lutter contre les passoires thermiques. Par exemple, un gel des loyers est désormais appliqué aux logements classés F et G lors du renouvellement du bail ou de la remise en location. De plus, un audit énergétique est obligatoire lors de la vente d'un bien considéré comme une passoire énergétique. Cet audit doit être fourni à tout potentiel acquéreur lors de sa première visite. À compter de 2025, les logements classés E seront aussi soumis à cette obligation.

Vers une régulation des locations saisonnières ? Une loi en préparation

Actuellement, les locations saisonnières ne sont pas soumises à la même pression pour la rénovation énergétique que les locations longues durées. Cependant, cela pourrait changer dans un avenir proche. Une proposition de loi visant à imposer aux locations saisonnières les mêmes obligations de rénovation énergétique que les locations longues durées est actuellement en préparation.

Cette proposition de loi, qui devrait être débattue à l'Assemblée nationale à partir d'octobre, est dans la continuité des déclarations du ministre du Logement, qui a exprimé son intention d'étendre l'interdiction de location des passoires thermiques aux meublés touristiques.

Récapitulatif : les points clés à retenir en matière de rénovation énergétique dans les stations balnéaires

  • De nombreuses stations balnéaires, comme Noirmoutier, Deauville et Trouville, sont confrontées à un défi majeur en matière d'efficacité énergétique.
  • D'autres, comme la Côte d’Azur et la Corse, se démarquent par leur faible taux de passoires énergétiques.
  • La rénovation énergétique des logements énergivores est un enjeu majeur pour réduire l'empreinte carbone des villes côtières.
  • La pression pour la rénovation énergétique s'accentue, en particulier pour les locations longues durées.
  • Une proposition de loi visant à réguler les locations saisonnières est actuellement en préparation.