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L'année 2023 marque un tournant pour le secteur de la rénovation énergétique. En effet, les modes de financement traditionnels semblent ne plus répondre aux enjeux actuels. Dans ce contexte, des alternatives innovantes émergent afin de faciliter l'accès aux aides financières à un plus grand nombre de ménages. Découvrez avec nous les principales avancées de ce secteur en pleine évolution.

Analyse du marché de la rénovation énergétique : une corrélation avec le PIB ?

La santé du marché de la rénovation énergétique semble directement liée à celle de l'économie globale. En témoigne la croissance constante de ce secteur depuis les années 80, jusqu'à une rupture notable en 2009. Depuis, malgré une reprise en 2022, la croissance reste plus difficile. Par ailleurs, les fluctuations du marché de la rénovation énergétique suivent celles du produit intérieur brut (PIB), révélant une forte interdépendance entre ces deux indicateurs.

Ainsi, il apparaît clairement que la santé du marché de l'entretien-rénovation dépend fortement de la santé économique globale. Cela s'explique par le fait que ce marché repose principalement sur les revenus des ménages. Or, l'augmentation du coût des travaux génère des tensions sur la demande, ce qui peut entraîner une hausse des prix.

Par ailleurs, la corrélation entre ces deux variables n'est pas fortuite. En effet, l'entretien-rénovation a trois composantes principales qui reflètent la vie d'une économie : les travaux d'urgence, les petits travaux d'entretien et les gros travaux, ces derniers étant généralement effectués par les ménages et les bailleurs sociaux.

L'équité sociale au cœur de la rénovation énergétique

Le marché de la rénovation énergétique a un impact fort sur la société, et ce, à plusieurs égards. En effet, il peut contribuer à atténuer certaines inégalités sociales, notamment celles engendrées par la lutte contre le changement climatique. Par exemple, certains quartiers défavorisés sont plus vulnérables face à ce dernier. Or, la rénovation énergétique, en améliorant l'efficacité énergétique des logements, peut aider à réduire cette vulnérabilité.

Par ailleurs, le financement de la rénovation énergétique pose également des questions d'équité sociale. En effet, les ménages les plus modestes ont généralement un accès plus limité aux financements. Des solutions sont donc nécessaires pour rendre ces financements plus accessibles, notamment en mutualisant les coûts ou en étalant les paiements.

Dans ce contexte, des pistes sont à l'étude pour améliorer l'offre de financement collectif aux syndicats de copropriétaires, qui est actuellement insuffisante. Cela pourrait permettre une meilleure répartition des coûts et favoriser l'accès aux travaux de rénovation énergétique pour les ménages les plus modestes.

Comment minimiser la dépendance aux prêts immobiliers des banques ?

Les prêts immobiliers traditionnels constituent une source de financement importante pour les projets de rénovation énergétique. Cependant, ils présentent également des contraintes et des limitations. Par exemple, le taux d'usure, qui sert de référence pour l'obtention d'un prêt par un syndicat de copropriétaires, est souvent pointé du doigt comme un frein à l'accès aux financements.

Face à ces obstacles, des alternatives sont envisagées. Parmi elles, le prêt garanti par l'État (PGE), inspiré du modèle pour les entrepreneurs, mais adapté pour les ménages. Une autre proposition consiste à plafonner l'augmentation de l'endettement, qui a été multipliée par trois face à la hausse des taux d'intérêts.

En somme, il apparaît nécessaire de diversifier les sources de financement afin de réduire la dépendance aux prêts immobiliers traditionnels et de rendre les financements plus accessibles à un plus grand nombre de ménages.

La solution allemande : un modèle à adopter pour le financement de la rénovation énergétique ?

L'Allemagne propose une approche différente pour le financement de la rénovation énergétique. En effet, le modèle allemand repose sur une banque publique, la KfW, qui refinance la dette à un niveau similaire à celui de l'État allemand. Les prêts sont ensuite distribués par des banques commerciales auprès des ménages, à un niveau d'exigence particulièrement élevé.

Ce modèle semble avoir fait ses preuves en Allemagne, mais il diffère grandement du modèle français, qui est plutôt basé sur une aide à la personne. Dans le modèle allemand, les aides ne vont pas directement aux ménages, mais sont intégrées dans le financement initial et donc dans le prêt. C'est donc la dette qui permet de financer l'investissement.

Cependant, ce modèle peut présenter des défis pour une mise en œuvre à l'échelle française. En effet, le système bancaire français ne se caractérise pas par des problèmes de liquidité. Ainsi, le défi consiste plutôt à mieux structurer le financement, avec l'aide, pour créer un effet de levier.