Calcul du DPE avec chauffage électrique

22 septembre 2022 à 09:53   •  Accueil > Diagnostic DPE
 Calcul du DPE avec chauffage électrique
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Le diagnostic de performance énergétique (DPE) est une étude que réalise un professionnel certifié sur demande du propriétaire d’un logement ou d’un bâtiment. C’est l’outil qui fournit les renseignements nécessaires sur la performance énergétique du logement. Il permet également d’évaluer son impact sur l’environnement, notamment à travers sa production de gaz à effet de serre. Voici comment se fait le calcul du DPE et plus particulièrement en présence d’un chauffage électrique.

L’énergie primaire, une variable importante pour le calcul

Le DPE que produit le diagnostiqueur à la suite de son analyse se présente en deux étiquettes. Il s’agit de l’étiquette « énergie » et de l’étiquette « climat  ». Elles sont marquées de A à G et présentent la performance énergétique du logement ou du bâtiment diagnostiqué. À titre de précision, la classe A est la moins énergivore alors que la G est celle d’une surconsommation maximale.

L’étiquette « énergie » présentée dans le DPE d’une maison s’exprime en « énergie primaire » (unité kWh/m². an). Cette énergie est celle qu’il faut pour l’extraction, la production et l’acheminement de l’énergie finale jusque dans le logement. L’énergie primaire diffère donc de celle finale qui représente la consommation énergétique du logement. On y retrouve notamment l’énergie nécessaire à la production d’eau chaude sanitaire (ECS) et le chauffage. Ainsi, l’énergie finale est incluse dans l’énergie primaire.

Pour le calcul, il existe un cadre règlementaire appuyé par plusieurs textes. On peut citer notamment l’arrêté du 15 septembre 2006 et celui du 8 février 2012 en modification du précédent. Le dernier arrêté cité, présente, en son annexe 3.2, les principes suivant lesquels l’énergie finale est convertie en énergie primaire.

Dans la pratique, il faut multiplier l’énergie finale par +2,58 pour trouver le DPE lorsque c’est l’électricité qui est utilisée pour le chauffage. Si c’est une autre énergie qui est utilisée pour le chauffage, le calcul sera fait en multipliant l’énergie finale par +1 .

Pour illustrer, si l’énergie finale du logement est de 148 kWh/m², le DPE marquera une étiquette énergie C, s’il y est utilisé un chauffage non électrique. Le cas échéant, l’énergie primaire sera égale à 382 kWh/m². an. Cela correspond donc à la classe énergétique F.

Il faut préciser qu’à l’horizon 2028 , tous les logements de classe énergétique F ou G seront interdits de location et de vente. Il s'agit, en effet, des passoires thermiques .


L’étiquette climat : comprendre les calculs

Le DPE intègre aussi l’étiquette climat ou GES (gaz à effet de serre) . C’est la mention qui renseigne sur la portée environnementale de la consommation en énergie du logement. Notez à cet effet que chaque énergie a un coefficient « gaz à effet de serre » qui lui est spécifique.

Le principe est simple. Lorsqu’une installation électrique est remplacée par une installation gaz, l’étiquette énergie s’améliore, contrairement à l’étiquette climat qui se dégrade. Comme pour l’étiquette énergie, ce sont les mêmes coefficients qui sont utilisés dans le cas de l’étiquette climat, mais en considérant le gaz en lieu et place de l’électricité.

Par exemple, pour un logement en date des années 80 et qui présente une étiquette énergie F, son étiquette GES sera C lorsque c’est un chauffage électrique qui y est utilisé. Dans les mêmes conditions (mais avec une chaudière gaz à condensation comme système de chauffage), les étiquettes seront respectivement D et E pour énergie et GES.

En clair, tout se joue sur le système de chauffage installé dans le logement et son mode d’alimentation. Ainsi, l’étiquette climat d’un logement chauffé à l’électricité sera meilleure que si c’est une autre source de combustion qui est utilisée. On cite le gaz, le fioul et le bois en exemple.

Quel est l’impact du nouveau DPE sur les calculs ?

Depuis le 1er juillet 2021, le nouveau DPE est effectif. Il s’agit d’une réforme apportée à l’ancien DPE et qui s’inscrit toujours dans la dynamique d’optimisation des performances énergétiques. En cela, la méthode de calcul de l’étiquette énergie a aussi évolué.

Grâce au nouveau DPE, la seule méthode de calcul de DPE est celle dite 3CL (calcul des conventionnels des consommations du logement) . Cette méthode intègre les caractéristiques réelles de l’habitation. Il s’agit notamment de l’année de construction, du système de chauffage, de l’isolation, du type de fenêtre entre autres. Avec la méthode 3CL, les DPE sont plus homogènes. Il n’est donc plus permis de faire le calcul en considérant les factures d’énergie. De même, les DPE vierges sont proscrits avec cette réforme.

Avec le nouveau DPE, la présentation du résultat de l’étude change aussi. Les deux étiquettes (climat et énergie) sont fusionnées en une seule. De même, les seuils à définir intègrent le critère carbone . À noter que le fioul et le gaz sont des énergies très carbonées. Vous l’aurez compris, avec ces nouvelles dispositions, le nombre de logements classés passoires énergétiques a augmenté.

Certains logements chauffés au fioul ou au gaz sont désormais entrés dans cette catégorie. Dans le même temps, des logements chauffés au bois et à l’électricité peuvent également sortir de la classe basse des passoires thermiques.

Il faut rappeler que pour tous les logements classés passoires thermiques, il est impératif de réaliser des travaux de rénovation . Ces derniers permettront alors d’avoir de meilleures performances énergétiques pour le logement. C’est le seul moyen de lever l’interdiction de louer ou de vendre un tel logement.


Le DPE opposable : ce qu’il faut en savoir

Aujourd’hui, le DPE est opposable au même titre que les autres diagnostics techniques immobiliers (amiante, électricité, plomb, gaz, etc.). Il est donc un contrat et comme tel, il a une valeur juridique. Pour le réaliser, il faut forcément faire appel à un professionnel certifié . Ce dernier doit être un travailleur indépendant et impartial. Il doit de même souscrire une assurance responsabilité civile pour le travail.

Les frais du DPE sont pris en charge par le propriétaire. En cas de manquements, il risque une sanction ou même de voir la procédure de vente ou de mise en location s’arrêter. Autant la responsabilité du propriétaire est engagée pour le DPE opposable, autant celle du diagnostiqueur l’est également. L’acquéreur ou le locataire peut alors saisir le tribunal pour demander une réparation de préjudice.