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La prise de terre est un équipement essentiel, permettant d’éviter les électrocutions mortelles. En effet, les statistiques révèlent plus de 4 000 électrocutions graves, avec plus de 200 morts chaque année en France. C'est pourquoi, la norme européenne exige d’intégrer une prise de terre sur tous les appareils électriques. Toutefois, pourquoi certains appareils n'ont pas de prise de terre ? Découvrez la réponse à cette préoccupation dans ce guide.

L'appareil sans prise de terre est de classe II ou III

Il existe quatre classes de protection électrique : 0, 1, 2 et 3. Chaque classe définit un niveau de protection au choc électrique. Les classes les plus élevées symbolisent un niveau de protection élevé tandis que les classes les plus basses mettent en exergue un niveau de protection. Lorsqu'un appareil ne possède pas de prise de terre, il appartient forcément à la classe 2 ou à la classe 3.

La classe 2

La plupart des appareils qui ne contiennent pas de prise de terre, appartiennent à cette classe. En effet, ces appareils assurent leur propre protection grâce une isolation renforcée, dite « double ».

En principe, la partie électrique de cet appareil ne peut rentrer en contact avec la partie métallique. Ainsi, la personne qui utilise l'appareil est protégée à tout moment, même si l'appareil n’intègre pas une prise de terre. Cette classe se représente par un petit carré placé dans un carré plus grand.

La classe III

Les appareilsde la classe III répondent à la totalité des exigences de la classe II. En plus, ils proposent une protection supplémentaire. Il s’agit généralement d'une protection en plastique que recouvre l'appareil afin de maximiser le niveau de protection.

En outre, ces appareils sont dotés d'un transformateur TBTS (très basse tension de sécurité). Cet équipement se charge de limiter la charge électrique contenue dans l'appareil à 50 V. En conséquence, tous les risques de choc sont purement évités.

Les appareils respectent la norme IP 24

Les appareils dépourvus de prise de terre se conforment certainement à norme IP 24 (indice de protection 24). Généralement, cette norme accompagne un appareil électrique de classe II. Sur l'appareil électrique, on peut lire : classe II IP 24.

Associé à la norme d’électricité NF, l'IP 24 démontre que l'appareil affiche une résistance à l'eau et à la poussière et aux objets. De ce fait, l'installation d'un tel appareil électrique ne présente aucun danger pour les occupants du logement même s'il n’intègre pas une prise de terre. 

Ces appareils sont équipés d’un disjoncteur différentiel

Le disjoncteur différentiel ou interrupteur différentiel s'utilise généralement sur des appareils qui ne supportent pas les coupures fréquentes d’électricité. Dans le cadre des appareils électroménagers, le disjoncteur doit appartenir à l'une de ces catégories :

  • SI ;
  • HPI ;
  • HI.

Normalement, le disjoncteur différentiel est complémentaire aux prises de terre dans le circuit électrique des maisons. Toutefois, si l'appareil n’intègre pas une prise de terre, mais est relié à un disjoncteur différentiel, il jouit d'une protection satisfaisante.

En fait, le rôle disjoncteur différentiel dans le tableau électrique consiste à détecter la différence d'intensité électrique entre les deux fils : phase et neutre. Si la différence est telle que le risque d'incendie ou d’électrocution est élevé, l'interrupteur différentiel intégré au disjoncteur se charge de couper automatiquement l'arrivée de l’électricité afin de préserver l'installation électrique. La différence de charge entre la phase et le neutre doit être de 30 milliampères, conformément à la norme NF C-115.

Quelle est l'utilité de la mise en terre ?

Dans un logement, la mise en terre est indispensable pour assurer la sécurité de chaque personne du logement. Même s'il existe des appareils sécurisés sans prise de terre, il est important d'assurer la sécurité de toute l'installation électrique de la maison grâce à la mise en terre. Cela permet de les protéger de cas d’électrocution ou d’électrisation grave si jamais un appareil électrique n'est pas bien isolé.

En effet, le rôle des prises de terre consiste à canaliser directement le surplus de courant électrique vers le sol. Cela, à travers un fil conducteur ou fil de terre disposé au préalable. Sinon, ce courant électrique va demeurer sur la surface métallique de l'appareil jusqu’au moment où il sera évacuer par la première personne à toucher la surface métallique concernée. Utilisé par le circuit comme vecteur électrique pour rejoindre le sol, le corps de cette personne se trouvera donc sérieusement endommagé.

C'est pourquoi, la norme NF C 15-100 institue l'obligation d’insérer une prise de terre avec une résistance maximale de 100 Ohm dans le tableau électrique des logements. Ce, qu'il s'agisse d'une construction neuve ou d'une rénovation. D'ailleurs, ce paramètre est inspecté de près lors de la réalisation du diagnostic électrique. Pour qu'elle soit efficace, la prise de terre doit s'associer à un disjoncteur différentiel.

Quels équipements de la maison nécessitent une prise de terre ?

Selon la NF C 15-100, une prise de terre doit au maximum avoir une résistance maximale de 100 Ohms pour un disjoncteur de 500 mA. La prise de terre ne concerne pas toute l’installation électrique de la maison, mais les appareils électriques directement en contact avec les habitants du logement qui sont susceptibles de causer une électrocution. Il s'agit notamment :

  • Les liaisons équipotentielles de la salle de bains, de la cuisine, de la charpente, bref, de tout équipement potentiellement conducteur de courant électrique (prise électrique, etc.) ;
  • Conducteur de protection et les socles de prises, toutes les composantes classiques du tableau électrique ;
  • Les tresses ou gaines d'équipements de données, d'images ou de voix ;
  • Les appareils de classes 1 avec une borne intégrée.

Les méthodes de mise en terre

Les prises de terre sont reliées à la terre. L'installation d'un tel dispositif nécessite une grande expertise, d'autant plus qu'elle doit être reliée à un disjoncteur différentiel. C'est pourquoi, il est préférable de confier l'installation du circuit électrique un électricien. Il existe deux principales méthodes de mise en terre.

La méthode d'enfouissement des conducteurs

Elle peut se faire sous deux formes. Premièrement, elle peut se faire sous forme de boucle à fond de fouille. Elle se réalise au moment de l'implantation de la maison. Ici, l’électricien réalise un périmètre d'enfouissement d'une section de câble ou d'une tresse de 25 mm² à 50 mm². Ce câble est branché au tableau de répartition.

Deuxièmement, l’électricien peut enterrer un câble conducteur dans les tranchées du logement à une profondeur d'un mètre. Ici, le câble est placé à 20 cm des canalisations d’électricité, de gaz et d'eau. En conséquence, l’électricien branche la terre sur le tableau électrique de la maison et oriente courant électrique qu'elle conduit vers un point éloigné.

La méthode du piquet vertical

Aussi appelée méthode du piquet de terre, cette méthode consiste à enfoncer un piquet galvanisé, en acier ou inoxydable dans le sol. Cela, à une profondeur d'au moins 2 m, en dessous du niveau permanent d'humidité. Généralement, les piquets de terre sont connectés à une limaille de conduction.

Par ailleurs, ils sont reliés à une barrette de mesure grâce à une tresse de cuivre dénudée. Cette méthode s'utilise généralement dans le cadre de la rénovation de l'installation électrique d'un bâtiment. Après les travaux de rénovation, l’électricien doit faire des tests pour s'assurer que la prise de terre est effectivement reliée à la terre.